Claude Lorius

lorius

Le travail de Claude Lorius a été essentiel pour comprendre l’évolution du climat de la terre.

 

L’histoire commence en 1953, lorsque Claude Lorius répond à une petite annonce «Recherchons jeunes étudiants pour participer aux campagnes organisées pour l’Année Géophysique Internationale». C’est le début d’une longue carrière de glaciologue.

En 40 ans, il part 22 fois en expéditions et totalise 6 ans de campagnes sur le terrain. Il fait partie des chercheurs qui découvrent que la mesure des atomes constituant la glace permet de déterminer la température à laquelle elle se forme. Il devient alors possible de reconstruire les climats anciens de la Terre, en utilisant des forages de glace en profondeur.

En 1965, lors d’une expédition en Terre Adélie, Claude Lorius observe les bulles d’air qui s’échappent du glaçon en train de fondre dans son verre de whisky. Il a alors l’idée d’analyser les bulles d’air prises dans la glace, pour avoir des indications sur l’altitude de la formation de la glace, et surtout, sur la composition de l’air pour les années passées. Il faudra plus de 20 ans pour justifier cette intuition.

Dans les années 80, Claude Lorius démontre le lien direct entre le taux de gaz à effet de serre et l’évolution climatique. Les résultats publiés affirment qu’ «avec les émissions de ces gaz liées aux activités de l’Homme, la planète devrait sensiblement se réchauffer au cours du XXIe siècle, au risque d’affecter les ressources en eau, l’agriculture, la santé, la biodiversité et, d’une façon générale, les conditions de vie des humains…». L’augmentation soudaine de CO2 dans l’atmosphère au début du 19e siècle, conduit les scientifiques à marquer l’entrée de la planète dans une nouvelle ère : l’Anthropocène.