La planète corail

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Le plongeur et photographe des abysses Laurent Ballesta nous immerge dans le labyrinthe de la planète corail, à l’origine du vivant.

Dans le bleu des origines, le corail n’était qu’un zooïde, une poussière insignifiante flottant au hasard dans le néant. Un jour, cette poussière de vie s’est posée sur un fragment d’île qu’un volcan sous marin avait poussé des abysses vers la lumière. De ce hasard, une maigre branche a germé comme une fleur des sables sur son support… Cette branche a bientôt été assez grande pour retenir d’autre zooïdes perdus dans les courants. Ils sont devenu un bouquet, une première colonie qui a, un jour, fourni un abri, une planche de salut à un être malingre tout en pattes et en antennes qui était à la dérive. Puis il en est venu un autre attiré par le premier. La ramure de la branche primordiale toujours croissante a permis à ces créatures de s’établir, d’installer une descendance. L’abondance indiscrète de leurs rejetons a attiré des chasseurs capables de se déplacer dans le vide baignant l’oasis. Les chasseurs trouvant la place plaisante et giboyeuse sont restés. Cette communauté naissante a gagné peu à peu son lot d’opportunistes, de parasites, de gagne–petits. Les ramifications, toujours plus nombreuses, ont fourni de plus en plus de gîtes, de plus en plus de cachettes, de nourriture. Ainsi est née la planète de corail, indéfectiblement liée à son support vivant et à la communauté des êtres qui l’ont colonisée. La sujétion à la cité est devenue totale pour ses habitants. Au-delà, l’immensité pélagique est restée comparable au vide sidéral – pour tous les « coraliens » être arraché du récif de corail est synonyme de perdition -. Les millions de créatures peuplant la planète de corail ont du vivre désormais les unes sur les autres, les unes avec les autres, les unes contre les autres sans autre choix que de se supporter ou de lutter. Elles ont formé la plus grande, la plus diverse, la plus extraordinaire communauté d’êtres vivants de la planète bleue.

Cette planète reste à découvrir.

WT / Laurent Ballesta from Wild-Touch on Vimeo.

Tags : Corail

Commentaires :

    Yohan Tillier le 10/04/12

    Les images sont superbes ! merci Luc


    Alain Duquesnay le 09/12/12

    Les amoureux de la nature et de l’environnement sont nombreux à admirer ces magnifiques images. Un grand Merci à vous pour ces témoignages mais comment arriver à toucher celles et ceux qui ne se sentent même pas concernés??? Ceux là même pour qui jeter un mégot par terre est devenu un geste automatique et tellement anodin. Bien-sûr ceci parait bien peu de choses pour certains mais quand l’on aime simplement admirer la beauté de ce qui nous entoure, il est de plus en plus difficile de pouvoir ressentir de telles émotions. J’ai l’impression d’être devenu muet devant la dure réalité de notre bien triste société de consommation.


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